Annexes

La Messe Chrismale


HOMELIE de Mgr Riocreux

La première lecture d’Isaïe  et l’Evangile de  Luc proclamée en  cette messe chrismale nous montrent  que le Seigneur Jésus a été consacré par l’onction de son Père. Mais nous aussi avons été consacrés comme je vous l’expliquerai dans un instant.

Ce passage d’Evangile rapporte cet instant  où Jésus  est dans la synagogue  de Nazareth, sa ville. Et il fait comprendre  que cette phrase prononcée par le prophète se réalise en lui. « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Ecriture ». Et, de fait, il va commencer sa mission d’annonce de la Parole de Dieu et  de guérisonq. Oui, le voici envoyé pour « porter la Bonne Nouvelle aux pauvres », comme nous venons de l’entendre. 

Et, en cette année Jubilaire, la  phrase du prophète Isaïe que Jésus vient de lire prend tout son sens.  « L’Esprit du Seigneur est sur moi. Il m’a envoyé  pour « annoncer une année favorable accordée par le Seigneur ». Une année favorable. La voici cette année sainte, cette année de la miséricorde pour nous faire comprendre que le nom de Dieu est miséricorde.
Ce soir, je voudrai dire combien je suis heureux d’être avec les prêtres de notre diocèse qui ont donné le pardon du Seigneur  en abondance durant les célébrations en ce  temps de Carême, particulièrement les 4 et 5 Mars derniers pour les « 24 H pour le Seigneur » ainsi que lors de la veillée avec les jeunes samedi dernier ici même à Basse Terre.
Récemment, le pape François en s’adressant à des prêtres rappelait que « chaque absolution est d’une certaine façon, un jubilé du cœur, qui réjouit non seulement le fidèle et l’Eglise, mais surtout Dieu lui-même. » Et il ajoutait en parlant de l’importance du sacrement du pardon que « le confesseur doit être un « canal de la joie ». Ainsi, « le fidèle peut vivre dans l’action de grâces ». Oui, concluait-il, remettons au centre- et pas seulement en cette année Jubilaire !- le sacrement de la réconciliation- nous permettant de faire l’expérience de l’unique amour ».

Chers frères prêtres, dans un instant, vous allez renouveler  les promesses sacerdotales « par amour du Christ et pour le service de l’Eglise » « pour vivre toujours plus unis au Seigneur Jésus et chercher à lui ressembler ». Quelle tâche immense et qui nous dépasse !
Voilà pourquoi d’ailleurs nous demandons que le Seigneur répande sur vous, sur nous ses dons en abondance afin d’être des fidèles ministres du Christ, souverain prêtre.
Et, vous prêtres, vous le savez,  les apôtres avaient besoin d’être enseignés par Jésus,  comme on peut le lire dans l’Evangile de Luc à partir du chapitre 9 et comme nous l’avons découvert pendant la retraite sacerdotale début janvier. Nous aussi, nous avons besoin de marcher chaque jour avec Jésus à sa suite dans notre montée vers Jérusalem.

Certes, nous comprenons notre indignité et notre inadéquation pour cette  mission. Et nous le disons à chaque messe, chaque jour : « Seigneur, je ne suis pas digne », mais nous renouvelons chaque matin notre désir d’accomplir cette mission, comme au jour de notre ordination.
Et, nous pouvons nous rappeler justement  ce moment  où nous avons reçu l’onction de nos mains, ces mains qui consacrent, ces mots qui bénissent, qui pardonnent. Peut-être,  vous rappelez-vous, il y a deux ans, ici même, je vous parlais de l’importance des mains. La main, précieux instrument de travail et de service. Mains consacrés des prêtres.
Mais, revenant sur les deux textes d’Isaïe et de l’Evangile, nous pouvons aussi réaliser  que les paroles prophétiques sont pour tous les disciples de Jésus. En effet, l’onction dont parle Jésus est bien sûr pour Lui qui vient d’être baptisé, mais elle est aussi pour tout baptisé  qui a justement reçu l’onction du Saint Chrême au baptême et à la confirmation.  Tous les baptisés, membres du Corps du Christ, membres de l’Eglise,  sont envoyés pour annoncer la bonne nouvelle de l’Evangile et pour agir au nom du Christ auprès des malades, des prisonniers. Ce simple geste sacramentel de la liturgie a une force inouïe, puisqu’elle nous donne la force même du Christ et, vous l’avez remarqué, le mot Christ et le Saint Chrême ont la même origine.

Voilà justement la célébration au cours de laquelle le Saint Chrême, huile enrichie de parfums, est consacré.  Et voici les huiles  pour les malades et les catéchumènes bénites. Et c’est un moment unique dans l’année liturgique, la messe chrismale au cœur de la semaine sainte.
Huile des malades. Je repense aux célébrations récentes au CHU de Pointe à Pitre et celle prochaine au CHBT ici à Basse Terre. Je pense aussi à l’accompagnement des malades par la communion qui leur est portée à domicile. Je pense aussi à cette onction des malades demandée et donnée par les prêtres, ministre de ce sacrement.

Huile des catéchumènes. Joie en pensant à ces 60 adultes et jeunes baptisés lors de la Vigile Pascale. Au cours de ce temps de Carême, ils ont été marqués par cette huile des catéchumènes.
En évoquant les catéchumènes, permettez un souvenir récent. Hier, j’étais à Petit Bourg. En effet, j’ai rencontré les 11 adolescents et les 6 adultes qui seront baptisés samedi. Et j’aurai la joie de présider la Vigile Pascale dans l’église ND du Port à Petit Bourg.
 Hier, arrivé au cœur de cette matinée de préparation, j’ai posé quelques questions et ai eu le bonheur de constater la qualité de la préparation par la justesse de leurs réponses. Chacun a dit avec conviction ce qu’était le baptême : don de Dieu, entrée dans l’Eglise, entrée dans  la famille des chrétiens, purification du péché….

Après la répétition de la célébration indispensable pour un bon déroulement, j’ai pu oindre les mains de ces futurs baptisés avec l’huile des catéchumènes. Et samedi, ce sera l’onction sur leur front avec le Saint Chrême.

L’aujourd’hui dont parle Jésus dans l’Evangile, c’était l’aujourd’hui pour le Christ commençant sa mission. Et c’est bientôt l’aujourd’hui de ces  néophytes, ces nouveaux  baptisés de Pâques.
Comme elle est belle l’Eglise, resplendissante de l’amour du Seigneur par les sacrements. Belle par ce saint chrême dont il marque les membres. Ce long psaume exprimait cette louange au Seigneur en le faisant parler : « J’ai trouvé David, mon serviteur. Je l’ai sacré avec mon huile sainte. » En ajoutant : « Ma main  sera pour toujours avec lui ainsi que mon amour et ma fidélité. » (Ps 88)
Au milieu des malheurs et des horreurs de ce monde, comme nous l’entendons en ces tristes jours, en priant bien sûr pour toutes les victimes des violences folles, il y a la foi en celui qui « nous a délivrés de nos péchés par son sang » (Apocalypse 1), la foi dans le Christ, témoin fidèle, premier né d’entre les morts. Amen.








L'unité

Cette belle célébration chrismale, qui a manifesté l’unité de toute la communauté diocésaine autour de son évêque, a été l'occasion pour les prêtres présents de renouveler les vœux de leur sacerdoce.















Les huiles

Le Saint Chrême servira dès les baptêmes de la nuit de Pâques (ou vigile pascale), puis tout au long de l’année liturgique, pour les sacrements du baptême, de la confirmation et de l’ordre. Les deux autres huiles qui ont été bénites sont l’Huile des Catéchumènes qui sert dans les célébrations préparatoires au baptême, surtout pour les adultes ou les enfants déjà grands, et l’Huile des Malades qui sert dans la célébration du Sacrement des malades.



L'onction

Le mot grec « chrisma » signifie onction et a donné Christ mais aussi Chrétien. Dans l’Ancien Testament, l'onction avec l'huile était un rite de consécration à Dieu, pour l’autel, pour les rois, pour les prêtres et spécialement le Grand prêtre. Celui qui est oint comme le roi puis le prêtre en Israël, est pénétré par la puissance divine. Cette huile est aussi parfumée. Le parfum indique la présence de quelqu’un qu’on ne voit ni n’entend : « Nous sommes la bonne odeur du Christ » écrit St Paul (2 Cor 2,15). Enfin, l'huile symbolise une nourriture, un éclairage, un remède.






L'unité

Cette belle célébration chrismale, qui a manifesté l’unité de toute la communauté diocésaine autour de son évêque, a été l'occasion pour les prêtres présents de renouveler les vœux de leur sacerdoce.
Pascal Gbikpi


 

Questions liturgiques

Pourquoi aller à la messe le Dimanche ?

Nous ne devons pas oublier que la foi, c’est une relation vivante avec Dieu. Comme toute relation, elle se doit d’être nourrie régulièrement, autrement elle s’endort et même elle se sclérose.

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