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« Violence et conduites à risques » : on a beaucoup appris à cette formation !

L’association C&S Guadeloupe avait convié toutes les personnes interpelées par le sujet à une rencontre le samedi 5 mai 2018 à la salle paroissiale du Sacré-Cœur à Pointe-à-Pitre de 9 h à 13 h. Ketty Fahrasmane, vice-présidente de l’association, présentait nos deux intervenants Jean-Claude LASCAR, bien connu dans le monde de l’éducation en Guadeloupe, et Franck Garin dont le travail de terrain sportif et  éducatif est reconnu de tous.


De gauche à droite Franck Garin, Ketty Fahrasmane et Jean-Claude Lascar

La petite cinquantaine de personnes qui a répondu présente ne l’a pas regretté, tant les interventions des deux professionnels ont été de très haute qualité : fort argumentées, bien ancrées dans le réel, et offrant des perspectives pour aider tout à chacun à comprendre en vérité, à accueillir et à guider.



Jean-Claude Lascar, chef de service en établissement médico-social dans le sud Basse-Terre, et animateur des équipes d’intervention et de prévention, est parti d’Albert Flagie, anthropologue-sociologue guadeloupéen, décédé il y a peu et qui a marqué toute une génération d’éducateurs et volontaires pour aider à l’harmonie de la vie sociale dans nos quartiers et spécialement celui de Boissard. Albert Flagie partait du parcours familial, respectant les cheminements des gens, les habitudes culturelles à préserver…  il a beaucoup accompagné par exemple nombres de jeunes mères désemparées dans les années 80… mettant en place un code de conduite et de respect qui force toujours aujourd’hui l’admiration et sur lequel les nouvelles générations d’éducateurs s’appuient, insiste M. Lascar.

Les conduites à risques : quelles réponses apportées à ce problème qui semble envahir tout aujourd’hui ? ça ne date pas d’hier, mais le curseur bouge et on en est aujourd’hui à la radicalisation… En deux heures J.-C. Lascar n’a pas eu la prétention de tout dire, mais il a laissé des balises pour la compréhension de ce vaste sujet : les manifestations, les problématiques associées aux conduites à risques, les ressorts de la prévention, et les types de ressources. Un travail qui nous permet d’y voir clair pour avancer marche après marche dans nos situations familiales, d’école, de club, de quartier… les conduites à risques engendrent des vulnérabilités qu’il faut bien détecter. Et dans ces schémas les pratiques répétitives mettent en danger véritablement les jeunes dans leur vie. Précarisation et vulnérabilité → trois sphères à bien cerner :
  • Fragilisation sociale : échec scolaire, errance, économies souterraines, précarisation. Prendre des risques pour s’en sortir, s’affirmer. Transgression. Le groupe joue un rôle. Cyberaddiction. Harcèlement…
  • Sphère privée : intrafamilial
  • Intimité de l’individu.
Recherche effrénée de distinction, de prestige. Les supports culturels, sportifs, économiques… sont à bien comprendre et envisager pour ne pas dévier. De grandes souffrances morales sont cachées ou peinent à s’exprimer.
Prendre en compte l’exaspération : s’interroger sur le rapport au risque.
Il ne s’agit pas forcément d’éradiquer et de planifier tout de suite un code pour ça, mais de comprendre.
Père André Dénécy, en complément, a souligné combien le scoutisme était une école de vie authentique pour les enfants, les adolescents, les jeunes. Avec Jean-Claude Lascar, il promeut une éducation à la responsabilité qui conduit à être actif, pacifique, engagé et heureux.

Franck Garin, historien et anthropologue,ancien président de la Ligue de handball et président actuel de l'Étoile, apporte un témoignage très éclairant sur la « violence verbale », et toutes formes de violences qui s’en suivent, et qui aujourd’hui semble etre le lot de tous groupes, toutes sociétés. Et il lance judicieusement comme pour nous réveiller : «Gwadloup, ce pays là est le nôtre. Il faut s’en occuper ! »

Dans la société aujourd’hui l’écart générationnel s’accentue, les transferts de population sont omniprésents… on a l’impression de se battre contre des moulins à vent. Il nous faut réinventer les solidarités : se réadapter pour ne pas regretter plus tard d’avoir tout laissé. On met en place des structures d’accueil collectif des mineurs, mais que met-on dedans ? Quels moyens ?
Le leitmotiv de Franck Garin est l’idéal de André Malraux qui a dit : « il ne faut pas désespérer de l’homme ».
Les jeunes sont habitués à tout « négocier »… expressions, manières de dire… nous sommes dans la « rédemption » par rapport à un public qui sait s’adapter… est-ce que s’insérer veut dire disparaître, se diluer, s’assimiler ? demandait un jeune.
Il y a des violences verbales ouvertes et des violences verbales de posture et silencieuses !
Vivre en groupe c’est partager les responsabilités. Aider les jeunes à devenir des hommes, à se respecter… « si vous saviez ce qu’à l’Etoile de Morne-à-l’Eau on met en place pour que entre éducateurs et jeunes il y ait des règles d’altruisme, mais aussi d’altérité ! Se remettre en cause. Et une fois établies et cooptées, appliquer les règles avec clarté et justice. A tout prix faire progresser les jeunes ! Pas uniquement les faire devenir champion, mais des hommes ! »
Contractualisation des éducateurs pour une plus grande application et fluidité de la vie sociale et des pratiques.

Pour aider les jeunes il convient de : Cultiver l’estime de soi – Donner le sens des responsabilités – Proposer le sens de l’entreprise : innovation, initiative, sens du travail pour arriver. Cette démarche est rédemptrice pour le jeune lui-même. Pour cela besoin d’établir une charte. 
Père André Dénécy revient sur la dimension spirituelle de l’homme qui est vitale et qu’il faut inclure absolument dans toutes nos relations et toutes nos activités. Ne jamais négliger cet aspect salvateur. Franck Garin et Jean-Claude Lascar se retrouvent dans cet idéal à promouvoir partout où nous sommes. Belle communion de pensée et de travail qui permet d’avancer et d’espérer en demain !

Père André Dénécy a demandé à Kolbe Gauthier, jeune médecin interne en oncologie au CHU, de faire le point sur le VIH, puisqu’il suit actuellement un D.U. sur le sujet. Il a dit combien les nouveaux traitements sont porteurs d’espoir et de salut, à condition que le principe de vigilance, de responsabilité et de respect ne nous échappe pas.
Beaucoup de questions se sont faites jour, et mériteront à n’en pas douter, de revenir sur ces problématiques sociétales et éducatives où l’Eglise a son mot à dire pour le salut de tous !

Ketty Fahrasmane a conclu la rencontre en notant combien la compétence des intervenants, alliée à l’écoute attentive et à l’amitié de tous les participants avaient favorisé la richesse de cette formation qui est appelée à se poursuivre !
Jean-Marie Gauthier

Questions liturgiques

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