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A la rencontre du Père Jean-Marc Micas, PSS Prédicateur de la retraite

 

 


Vous êtes supérieur provincial des  sulpiciens : Présentez-nous cette compagnie de Saint Sulpice
 
« Il s’agit  d’une société de prêtres diocésains fondée par Jean-Jacques Olier, curé à Paris, au XVII° siècle. Ce prêtre au parcours étonnant et divers, fonde le premier séminaire pour la formation des prêtres. Il a en effet une vision pour la mise en place d’une spiritualité du prêtre, attachée à une pédagogie pour une pratique pastorale des prêtres : il s’agit de « façonner le cœur de Jésus à l’intérieur du cœur des prêtres » le leitmotiv du fondateur des Sulpiciens.
Théologie, spiritualité, pastorale… tout est lié ! On peut dire qu’aujourd’hui un prêtre bien formé, épanoui et équilibré est une chance pour les familles et les communautés. Les Sulpiciens sont une Société de Vie apostolique pour travailler dans les séminaires en France et dans le mon de.
La Compagnie des Prêtres de Saint Sulpice compte  300  membres dans le monde  avec trois provinces : Paris pour la France et six pays d’Afrique francophone, le Vietnam et la Chine ; Montréal  pour le Canada et la Colombie et  Baltimore pour les USA. Ma responsabilité comme supérieur de la province de Paris aujourd’hui couvre le service des confrères, en relation avec les évêques pour les séminaires et la formation des prêtres ».
 
 Quel est le thème de la retraite aux prêtres  et les axes que vous avez développés ?
 
« Je suis venu pour que tous les hommes aient la vie, et la vie en abondance » (Jean 10, 10) Cette phrase de Jésus est pour moi une conviction forte que j’aime décliner en toutes occasions. Afin de soutenir la joie d’être prêtre et de donner sa vie. Je le dis partout lors de mes déplacements à travers le monde à la rencontre des séminaristes.  Nous devons être de meilleurs prêtres, et surtout heureux de l’être ! Quatre étapes d’enseignement correspondant aux quatre jours de retraite :
 La foi est au centre. Nous sommes des croyants, des baptisés pour qui « Dieu seul suffit ». Nous nous abandonnons à Lui. Puis la  contemplation avec la crèche, la croix et l’eucharistie. Pour y découvrir le don que Dieu nous fait et auquel Il nous associe.
Ensuite le commandement de la Joie (Ph 4, 4). Nous pouvons nous appuyer aujourd’hui sur les encycliques du Pape François qui a si bien vulgarisé ce thème pour tous les fidèles, donc pour tous les prêtres, notamment dans « La joie de l’Evangile » Enfin, l’envoi. « Rendre compte de l’Espérance qui est en nous, à temps et à contretemps. »
 
Vous avez parlé aussi  de l'unité.
 
« Quand je suis devenu supérieur du séminaire en 2007, j’ai été invité par l’archevêque de Toulouse à partager ma vision de ma nouvelle mission. J’ai parlé du séminaire et de sa mission : aider les jeunes à discerner leur vocation, et former les futurs prêtres. Et j’ai souligné cette  grande conviction: l’Eglise catholique est riche d’une très grande diversité de sensibilités, tant spirituelles que pastorales. Le Pape et les évêques sont là pour dire quand ça va trop loin d’un côté ou de l’autre, mais à l’intérieur de la “famille catholique ». Bien sûr la diversité légitime est immense. Un bon séminaire doit permettre à tous les séminaristes venant de toutes les sensibilités de l’Eglise catholique de se sentir accueillis et respectés. En même temps, ils sont invités à vivre quelques conversions et ajustements aux autres. Les communautés chrétiennes qu’ils serviront demain comme prêtres sont diverses: servir cette diversité se construit dès le séminaire pour entrer ensuite dans un presbyterium divers et fraternel, reflet et creuset de l’Eglise réelle. Personne n’est lésé, tout le monde apprend à se réjouir de la multiplicité des charismes que suscite l’Esprit. Les prêtres doivent être comme des pères et mères de famille: permettre à chacun de leurs enfants de devenir lui-même, sans jamais se couper de ses frères et sœurs qu’il continue d’aimer. Cela s’apprend et se cultive, avec l’aide de Dieu. »
 
 La charité pastorale" un thème qui revient  dans un vos écrits. De quoi s’agit-il ?
 
 La fidélité et espérance sont nécessaires. Fidélité à la tradition, par exemple, et espérance de voir des changements. Comment résoudre cette apparente opposition ?  Dans la charité ! J’aime bien les paradoxes. Pendant la retraite, j’évoquais le souvenir d’une homélie entendue il y a  40 ans exprimant ceci :pour aller très loin avec le Christ, il faut en même temps hisser la voile et jeter l’ancre ! Cela signifie être ouvert au vent de l’Esprit et hisser la voile au maximum pour tout prendre.
Et  jeter l’ancre dans les paroles du Christ, dans la prière, dans l’obéissance à l’enseignement de l’Eglise qui a reçu le dépôt de la foi et qui nous le transmet.
 
Les deux ne s’opposent pas car Dieu ne se contredit jamais : ce qu’il a dit hier, il nous le fait connaître sous un autre angle aujourd’hui, mais  il s’agit du même message,  de la même Bonne Nouvelle de vie donnée, et donnée en abondance pour reprendre le thème de la retraite. Seul l’amour est capable de tels miracles : l’amour de Dieu pour nous, et l’amour que son Esprit suscite en nous pour Lui. Pour les prêtres, une forme particulière de cet amour est celui qu’ils éprouvent pour le Peuple de Dieu : c’est cela la charité pastorale. »

 

 
(propos recueillis par Jean-Marie Gauthier)

 


Questions liturgiques

Pourquoi aller à la messe le Dimanche ?

Nous ne devons pas oublier que la foi, c’est une relation vivante avec Dieu. Comme toute relation, elle se doit d’être nourrie régulièrement, autrement elle s’endort et même elle se sclérose.

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